ça, surmoi, moi

Quand le Street Art rencontre la recherche de soi

Sud France


Et oui, des projets, des idées, une façon de les mettre en œuvre, de les penser, de les raconter. Les grands fondamentaux sont là, dans l’air. On les lit, on les échange dans des débats entre amis qui nous ressemblent. On les confronte, mais pas trop, avec les autres qui pensent différemment, mais ce n’est pas agréable, alors…On se réconforte en essayant de les placer en famille. On réalise, je réalise que. Que les idées sont différentes, il était temps. Quelques-uns invoquent les gros mots : solidarité, partage…lorsqu’ils en sont bénéficiaires. D’autres veulent changer le monde pour inviter à plus d’empathie. Je, observe et agis en ce sens. Je, réalise et me questionne : n’existe t-il pas en ces temps une certaine anomie.

Chaque bulle ne s’intéresse qu’à elle même, ne ressent pas, plus, ce qui peut arriver aux autres bulles. Les autres, c’est qui ? Je m’en fous, c’est les autres. Je, est dans ma bulle. Tu, est dans sa bulle. Mais que serait un bain moussant avec une seule bulle ? Ne puis-je pas accueillir l’autre bulle si elle en a besoin, si la mienne est confortable, reposante. En ai-je conscience ? Alors avant de voir les bulles des autres, de s’y intéresser, de les intégrer dans ma pensée, j’ai besoin de comprendre qui je suis, ce que je recherche.

La question, « qui-suis je ? », reviens à se comprendre. Rechercher le ça, le surmoi, comprendre son environnement pour définir le moi.

Tout ça, ce n’est pas pour moi. Trop prise de tête. Et oui, ma bulle est la seule. Mais les bulles voisines, si elles éclatent, vont m’impacter. Avant que le bain moussant ne ressemble qu’à une étendue froide et sans reliefs, ne dois-je pas lutter contre mon égo me positionnant consciemment ou inconsciemment au dessus du bain de bulles ? Ne puis-je pas m’arrêter un instant pour penser et agir en écoutant les autres. Et si, je souhaite imposer par les actes, la parole ou la pensée ma vision, cela ne risque t-il pas de faire éclater les autres bulles ? L’équilibre ne passe t-il pas par la répartition égalitaire des minimum puis du reste ? Oui, dans un bain de bulles, certaines sont plus grosses, certaines éclatent, d’autres se créent, mais regardez ; elles se stabilisent lorsqu’elles trouvent un équilibre général. C’est cet instant qui rend savoureux ce bain. La bonne température, la bonne quantité de mousse, juste bien, sans trop, sans pas assez. D’autres n’ont jamais goûté au bain.

Oui, mais, il ne fait rien, moi oui. Tu mérites par le travail, l’activité est ce qui te définit. C’est ton bain, tu le mérites. Mais quelle est la part de ton environnement à cette situation ? Ton héritage. Quelle est la part de l’inné face à l’acquis. Cet acquis serait-il le même si tu étais né à un autre endroit, au même instant. Bref, je vis ici et maintenant, c’est moi.

Mais qui-suis je ? Un peu de théorie pour commencer…


La révolution opérée par Freud est assez simple : la théorie psychanalytique consiste à détruire, à désintégrer le sujet humain, tel que Descartes puis Kant l’avaient défini, sujet défini comme être doté d’une faculté de représentation, à savoir la Conscience. La conscience dans la philosophie classique était une et unique, d’un seul bloc, sans faille. Freud introduit justement une faille au sein même du sujet humain.

Freud a élaboré deux théories de l’inconscient : La première topique se divisait en trois parties (conscient, préconscient, inconscient) mais Freud a vite compris les limites de cette conception.

Il a donc crée une seconde topique (en 1923), bâtie sur le triptyque ça, surmoi, moi. C’est cette seconde topique qui marque le plus profondément la scission avec la philosophie classique. Freud définit en effet trois instances présentes en l’homme, lesquelles régissent ses comportements, à la fois conscients et inconscients.

Freud et le ça :

Voici comment Freud décrit le ça:

C’est la partie la plus obscure, la plus impénétrable de notre personnalité. [Lieu de] Chaos, marmite pleine d’émotions bouillonnantes. Il s’emplit d’énergie, à partir des pulsions, mais sans témoigner d’aucune organisation, d’aucune volonté générale; il tend seulement à satisfaire les besoins pulsionnels, en se conformant au principe de plaisir. Le ça ne connaît et ne supporte pas la contradiction. On y trouve aucun signe d’écoulement du temps” (phrases de Freud)

Le ça désigne la part la plus inconsciente de l’homme, c’est le réservoir des instincts humains, le réceptacle des désirs inavoués et refoulés au plus profond. Ces besoins pulsionnels ont besoin d’être canalisés, notamment via la sublimation (qui consiste à réaliser de manière détournée un désir pulsionnel). L’exemple donné par Freud est l’artiste sublimant ses pulsions via l’art.

Freud et le Surmoi :

Le Surmoi représente une intériorisation des interdits parentaux, une puissance interdictrice  dont le Moi est obligé de tenir compte. L’être humain subit, en effet, durant son enfance, une longue dépendance qu’exprime le Surmoi. Le surmoi est cette voix en nous qui dit “il ne faut pas”, une sorte de loi morale qui agit sur nous sans comprendre son origine.

Freud et le moi :

Le Moi désigne la partie de la personnalité assurant les fonctions conscientes :

Le moi a pour mission d’être le représentant de ce monde aux yeux du ça et pour le plus grand bien de ce dernier. En effet, le moi, sans le ça, aspirant aveuglément aux satisfactions instinctuelles, viendrait imprudemment se briser contre cette force extérieure plus puissante que lui. Le moi détrône le principe de plaisir, qui, dans le ça, domine de la façon la plus aboslue. Il l’a remplacé par le principe de réalité plus propre à assurer sécurité et réussite.”

Le moi assure la stabilité du sujet, en l’empêchant au quotidien de libérer ses pulsions.

Résumé de la théorie de Freud sur le ça, le moi et le Surmoi

Chez Freud, le moi correspond à la partie défensive de notre personnalité, il est considéré comme la plus consciente. Il tente grâce à un rôle de médiateur de répondre aux intérêts respectifs du ça, du surmoi et du monde extérieur afin de trouver un certain équilibre. Le Moi est une “pauvre créature, devant servir trois maîtres». En effet, le moi doit supporter la menace provenant du monde extérieur, du ça et du surmoi. Le ça est le «lieu» d’où proviennent les pulsions, il répond principalement au domaine de l’instinctif et de l’inconscient. De plus, le ça, dans l’Interprétation des Rêves notamment, ne connaît aucune règle, ni de temps ni d’espace, ni d’interdit ; il est seulement régi par sa libido, c’est à dire l’énergie psychique souvent liée à la sexualité ou à l’agressivité, dans le but final d’atteindre le plaisir immédiat. Enfin, le surmoi représente l’agent critique, l’intériorisation des interdits et les exigences parentales, sociales et culturelles. Il est en partie inconscient, et se forme durant l’enfance et l’adolescence.

Source de la théorie : https://la-philosophie.com/freud-moi-ca-surmoi

L’intro est de moi 🙂